Découvrez toute l’actualité de l'écomusée de l'avesnois, à travers nos 4 musées « vivants » à Fourmies, Trélon, Sains du Nord et Felleries ! Histoire, savoir-faire et la vraie vie des habitants au pays du Maroilles et du ValJoly et de la Chimay
À la découverte des « Bois Jolis » de Felleries d’autrefois...
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La
seconde édition de la fête de la fête de la boissellerie à Felleries est une
occasion idéale de se replonger dans l’histoire de cette petite commune de
l’Avesnois, dont la vie économique a toujours tourné autour du bois jusqu’en
1987. Aujourd’hui, seul le musée des bois jolis continue à perpétuer ce savoir
faire de la boissellerie qui avait fait la renommée du village. Ce dimanche 19
avril, le village de Felleries va retrouver des dizaines d’artisans qui,
l’espace d’une journée, permettra à nouveau à la commune de redevenir la
capitale du bois en Avesnois
Pourquoi fête t-on la Boissellerie à Felleries ?
« Boisselier,
c’est un ouvrier qui vend et fait des pelles, des boisseaux, des soufflets, des
lanternes, et autres menus ouvrages de bois. Les boisseliers font partie de la
communauté des tourneurs. »
Diderot
et d’Alembert, Encyclopédie, 1751
Le
mot « boissellerie » apparaît en 1751. Il est dérivé de boisseau
(mesure de capacité). La boissellerie recouvre donc la fabrication et le
commerce d'objets en bois à caractères utilitaires, ménagers et agricoles.
Felleries et les bois jolis...
Felleries,
dont l'existence est attestée dès le 9ème siècle, est resté jusqu'à la
Révolution de 1789, un village de clairière ceinturé par la forêt.
Cette
prédominance des arbres et le manque de fertilité des terres labourables ont
très tôt conduit les habitants de Felleries à développer une économie à partir
de la seule ressource qui paraissait inépuisable : le bois.
Comme
dans beaucoup de villages forestiers, le bûcheronnage et le sciage offrent un
revenu complémentaire à quelques villageois. Mais à Felleries, l’exploitation
de la forêt favorise l’apparition de nombreuses spécialités : tourneurs,
fabricants de salières, de boîtes ou de tèles (bols) s’installent dans la
commune et permettent son expansion.
Longtemps
restée au stade artisanal, la boissellerie occupe de multiples petits ateliers
à domicile qui fabriquent l’essentiel de la production. Seuls quelques patrons
tourneurs, une dizaine d’ouvriers sous leurs ordres, distribuent les commandes
aux petits artisans.
Cependant
au XIXème siècle, la naissance de l’industrie textile dans la région
de Fourmies et l’amélioration des moyens de transports vers la région de
Lille-Roubaix-Tourcoing, entraînent un développement parallèle du tournage
fleurisien. Celui-ci évolue pour s’adapter à la création d’articles nouveaux,
notamment les bobines pour les filatures (plus de cinq millions par an sont
produites à Felleries), tout en maintenant ses productions traditionnelles.
Felleries
devient l'un des principaux centres du département du Nord de production
d’articles en bois, nommés, en terme local, les bois jolis.
Très
rapidement l’augmentation de la production nécessite des installations plus
puissantes et plus modernes. De nombreux artisans enrichis au cours de la
première moitié du XIXème siècle implantent des usines plus
importantes.Le
premier établissement doté d'une machine à vapeur est édifié en 1860 à
Felleries. En 1900, six établissements similaires existent déjà.
La
Première Guerre Mondiale a des conséquences dramatiques sur l’industrie
fleurisienne et l’environnement. Les usines sont détruites. Seules les scieries
sont maintenues pour une exploitation massive de la forêt.
Jenny,
une éléphante provenant d'un cirque allemand est même amenée pour déplacer les
grumes en forêt ou aux abords des scieries.
La
guerre est suivie d’une période de reconstruction et de prospérité. Mais à
partir des années 1930, la crise du textile sonne le glas de l’industrie
fleurisienne. Privée peu à peu de ses
commandes, elle connaît un déclin irrémédiable accentué dès les années 1950 par
l’apparition de nouveaux matériaux comme le plastique qui viennent concurrencer
le bois.
La
dernière usine a cessé son activité en 1987.
L’avenir du bois tourné
Avec
l’industrialisation de la boissellerie, la technique du tournage manuel s’est
quelque peu éclipsée au profit de la machine, toujours plus performante.
Toutefois, depuis les années 1980, des artistes ont découvert dans le bois
tourné un nouveau mode d’expression plastique. Ils ont acquis les gestes et le
savoir-faire des anciens tourneurs et donné libre cours à leur imagination à
travers des œuvres uniques.
Dorénavant,
le tournage du bois trouve son expression la plus accomplie dans la création
artistique contemporaine.
Le musée des Bois Jolis
En
1975, suite au succès d'une exposition sur l’artisanat des bois tournés et
ouvragés, l’association nouvellement créée des « Amis de Felleries et des
Bois Jolis », s’engage dans l’achat d’un vieux moulin à eau, pour le
transformer en musée de la boissellerie.
Devenu
site de l'écomusée de l'avesnois en 2003, le musée des bois jolis perpétue les
gestes d'antan et permet de transmettre ce patrimoine artisanal au plus grand
nombre.
Pour en
savoir plus sur la fête de la boissellerie 2009, cliquez ici :